
Á vous tous, chefs d’entreprises
Le Gouvernement Monégasque envisage d’augmenter les charges des entreprises pour régler le problème des retraites sans forcément demander un effort quantifiable partagé par tous. Parallèlement, le droit du travail actuel est remis en cause, toujours dans le seul intérêt des salariés, en partant du postulat que les entreprises ont les moyens de toujours payer plus, car elles ne paient pas ou peu d’impôts sur les sociétés. Ces idées préconçues sont la preuve d’une méconnaissance du monde économique local et de l’environnement international par l’Administration. Celle-ci considère que nous pouvons toujours davantage financer leurs décisions. Nous avons par exemple constaté une hausse de près de 30% ces trois dernières années du tarif journalier de l’hôpital de Monaco, soit un surcoût pour nos entreprises de 7 millions d’euros, payé par une hausse de notre taux de cotisations C.C.S.S. de 14.7 % à 15.2% de la masse salariale, soit 0.5% de plus. De même, rien n’ait encore fait pour pousser à l’utilisation des médicaments génériques. C’est du gaspillage !
Notre pays, avec ses milliers d’entreprises travaillant sur différents secteurs d’activités connectés à l’échelle planétaire, a les moyens de s’en sortir. Le pessimisme ambiant, imaginant la fin d’un âge d’or, n’est pas une fatalité. Si nos élites prennent la peine d’écouter les forces vives de la Principauté, nous aurons les moyens d’un regain de prospérité économique, que nous pourrons partager avec la région économique voisine.
Mais votre Bureau Fédéral ne peut pas tout, tout seul. C’est aussi à chacun de vous d’exprimer votre désapprobation, et de présenter vos réalités économiques, afin que le Gouvernement et les Conseillers Nationaux agissent avec justesse, que cela soit sur les projets de Code du Travail, de réforme du régime de retraites, ou même de suppression des voies de circulation en Principauté*.
En cette période de crise, il n’est pas suffisant de se recentrer uniquement sur son entreprise pour la défendre, mais nécessaire de se réunir et d’agir dans l’intérêt collectif des entreprises de la Principauté. C’est à cette seule condition que les projets actuels qui, peu à peu, nous étouffent, pourront être stoppés.
Le Président
Philippe ORTELLI
* Le Boulevard Charles III interdit aux voitures en est le dernier exemple